Le florissant marché des bases de données in-memory est au coeur de la bataille relancée par le CEO d'Oracle, Larry Ellison, contre IBM, Microsoft et SAP. Hier, lors d'une webcast, celui-ci a fait savoir que l'option in-memory pour Oracle Database 12c, annoncée pour la première fois en septembre dernier lors de la conférence OpenWorld 2013, serait disponible d'ici deux mois. Selon l'éditeur, l'option apporte des gains en performance considérables sans avoir à modifier les applications.
L'annonce intervient un peu en avance par rapport à ce que certains observateurs de l'industrie avaient prévu. Le nouveau calendrier de sortie d'Oracle est significatif de la pression exercée par les concurrents sur le marché des bases de données in-memory. SAP, par exemple, a porté son logiciel Business Suite sur sa plate-forme in-memory Hana, lancée il y a quelques trimestres, afin de convaincre explicitement les clients de sa Suite qui utilisent la base de données d'Oracle de passer sur sa solution. L'informatique in-memory consiste à effectuer le traitement des données directement dans la RAM et les SSD au lieu d'aller les chercher sur le disque dur, afin d'accélérer les performances. Oracle propose déjà la base de données TimesTen en version in-memory aussi bien sous forme d'application autonome qu'en option sous forme de cache pour sa base de données phare, mais cette technologie a surtout été adoptée pour des usages spécialisés.
Pas encore disponible l'offre in-memory d'Oracle serait plus mature
Selon Tim Shetler, vice-président de la gestion des produits, « la nouvelle option in-memory offre à Oracle un avantage par rapport aux dernières plates-formes comme Hana ». SAP « fait vraiment beaucoup d'efforts pour compléter son système de gestion de base de données », a-t-il ajouté. « Mais c'est juste une question de maturité ». « Comparativement, l'option in-memory d'Oracle peut tirer parti de fonctionnalités bien maîtrisées de sa base de données, comme la mise à l'échelle, la haute disponibilité et la sécurité », a expliqué Tim Shetler. « L'option in-memory ne sera disponible qu'avec l'édition entreprise d'Oracle Database, comme c'est généralement le cas », a-t-il encore précisé. Ajoutant que « le prix ne serait pas communiqué avant la disponibilité générale du produit, mais que les contrats de licences répondront aux exigences habituelles d'Oracle ».
Hier, Larry Ellison a fait, en direct, la démonstration de l'option in-memory, montrant comment la base se comportait sur plusieurs systèmes matériels, un serveur bi-socket, une machine full-rack Exadata d'Oracle et un serveur SPARC M6-32. « Il s'agissait de traiter à grande vitesse mille milliards de données représentant six mois de requêtes Wikipédia », a expliqué Tim Shetler. Pour l'option in-memory, Oracle a adopté une approche du type « meilleur des deux mondes ». L'add-on crée une table en colonne - ou « column store » - en mémoire, ce qui accélère considérablement les requêtes analytiques, tout en préservant la table relationnelle existante en ligne - ou « row store » - de la base de données pour les charges de travail OLTP. La table en colonne permet d'éviter la surcharge nécessaire pour maintenir les indices analytiques de la table en ligne et permet d'améliorer les performances OLTP.
In-memory mais serveurs maison recommandés chez Oracle
Depuis l'annonce faite à l'OpenWorld 2013, Oracle a ajouté quelques fonctionnalités à l'option in-memory, la principale étant le support pour la technologie RAC (Real Application Clusters), qui apporte des fonctions de mise à l'échelle et de tolérance aux pannes. « La mise en mémoire présente des avantages pour le traitement analytique, mais les clients ont intérêt à acheter l'appliance dédiée Exalytics d'Oracle », a conseillé Tim Shetler. « Exalytics doit être considéré comme une plate-forme dédiée à l'exécution de la pile BI et à l'outil de recherche de données Endeca d'Oracle, les données étant tirées vers le système depuis plusieurs sources », a-t-il ajouté. « Quant à l'option in-memory, elle permet d'accélérer les applications qui partagent le même serveur de base de données ».
Curt Monash, l'analyste de Monash Research a donné un avis plus mesuré sur l'option in-memory d'Oracle. « Les deux préoccupations concernant les produits d'Oracle sont le coût - du produit et de l'administration - et les difficultés de mise à l'échelle », a-t-il commenté. « Et la nouvelle solution suscite les mêmes questions. À part ça, elle semble parfaite, au même titre que toutes les solutions qui s'appuient sur la RAM pour améliorer les performances ». Il ne faudrait pas attendre autant d'amabilité de la part de Larry Ellison, qui ne manque jamais une occasion de critiquer les produits de ses rivaux.
Le CEO d'Oracle relance la guerre des bases de données in-memory
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Réactions
Selon les dirigeants d'Oracle, la solution in-memory d'Oracle profite de la maturité de la plate-forme SGBD de l'éditeur.
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Tout le monde sait que Oracle est très bon pour les effets d'annonce (!). Je travaille pour SAP France et nous disposons de plus d'un millier de clients Hana donc avec des références clients à l'appui. Leur offre optionnelle in-memory ne nous inquiete pas. Je souhaite aussi bien du courage à tous les futurs clients Oracle sur les deux années à venir qui vont essuyer les platres.
Signaler un abusComme le dit l’article, l’offre in-memory d’Oracle a été annoncée en septembre 2013, elle est à nouveau annoncée en juin 2014 mais…rien n’est encore disponible ! On nous parle de deux mois, c’est-à-dire en plein été. C’est ça, alors que tout le monde sera en train de se prélasser à la mer, Oracle va sortir son offre en catimini. C’est comme son offre cloud, Fusion, annoncée il y a 7 ans, et qui peine toujours à trouver acquéreurs.
Signaler un abusLe problème est que l’éditeur Oracle, qui n’a apporté AUCUNE innovation à l’industrie informatique depuis qu’il a mis sur le marché son SGDR éponyme il y a 30 ans, est à court d’idées. Sa seule stratégie est défensive et consiste, dans un premier temps, à dénigrer les avancées de ses concurrents (par exemple, les offres cloud de Salesforce et Workday, ou même le in-memory de SAP, HANA, qui existe depuis un moment déjà) puis, lorsqu’il s’aperçoit que en fait leurs produits marchent et les clients en demandent de se mettre frénétiquement à essayer de développer quelque chose approchant. C’est ainsi qu’on ne compte plus les clients Oracle qui au lieu d’adopter Fusion font défection vers Workday qui propose depuis NEUF ans d’une offre in-memory native. Et comme tous les clients qui passent sur le cloud n’ont pas besoin de SGBD (ni de hardware, d’ailleurs), cette annonce n’est qu’une ultime tentative désespérée de ne pas perdre davantage de parts de marché.
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Exactement, il a pas arrete de critiquer SAP avec son "in-memory" pas viable selon lui, et maintenant il veut se faire passé pour celui qui maitrise le mieu la techno ... et bien il a raison, il ne lui reste plus qu a jouer de l'image qu a sa base de donnee pour gagner des clients ... "in memory" ...
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